Syndrome génito urinaires de la ménopause
- Le terme « SGUM » (ou GSM) a été établi pour désigner l’ensemble des changements et symptômes affectant la vulve, le vagin et les voies urinaires inférieures liés à la baisse des œstrogènes à la ménopause.
- Contrairement à l’ancienne expression « atrophie vulvo-vaginale » ou « atrophie urogénitale », ce terme englobe à la fois les aspects génitaux (vagin, vulve), urinaires (vessie, urètre) et les conséquences sur la sexualité.
- Le SGUM est souvent chronique et progressive : les tissus urogénitaux continuent de changer tant que la carence hormonale persiste, et les symptômes ont tendance à s’aggraver avec le temps sans prise en charge.
Pourquoi le SGUM survient — les mécanismes
- Les récepteurs d’œstrogènes (et d’androgènes) sont présents dans les tissus de la vulve, du vagin, de l’urètre et de la vessie. Avec la baisse des œstrogènes à la ménopause, ces tissus subissent des modifications :- l’épithélium vaginal s’amincit, le collagène et l’élastine diminuent, la vascularisation baisse, l’élasticité et l’humidité disparaissent.
- Le pH vaginal augmente (moins d’acidité), ce qui modifie l’écosystème vaginal et favorise les infections.
- Ces changements structurels et fonctionnels expliquent l’apparition des symptômes tant génitaux (sécheresse, inconfort, irritation…) qu’urinaire (fuites, infections, envie fréquente) et les effets sur la sexualité.
Symptômes les plus fréquents du SGUM
Selon les études et les guides cliniques, les symptômes suivants peuvent apparaître — souvent en combinaison, de façon variable selon les femmes :
À quel point c’est fréquent ?
- Selon des études citées dans la littérature, entre 27 % et 84 % des femmes ménopausées présentent des symptômes compatibles avec le SGUM.
- Le risque augmente avec le temps post-ménopause — de nombreuses femmes développent des symptômes plusieurs années après l’arrêt des règles.
- Pour plusieurs femmes, les symptômes sont chroniques s’ils ne sont pas traités, car la carence hormonale persiste.
Traitements & options, que peut-on faire ?
Le SGUM est traitable, et des options efficaces et variées existent. Le choix dépend de la gravité des symptômes, des antécédents médicaux, des préférences, et du profil de la patiente.
Premières lignes / soins de base
- Lubrifiants et hydratants vaginaux (non hormonaux) : très souvent recommandés comme première approche, notamment pour sécheresse vaginale ou rapports douloureux.
- Soins d’hygiène vulvo-vaginale adaptés : éviter les produits irritants, douches vaginales, savons agressifs, vêtements serrés, utiliser des sous-vêtements de fibres naturelles, etc.
- Physiothérapie du plancher pelvien — dans certains cas, notamment en présence de troubles urinaires, pour renforcer les muscles pelviens, améliorer le soutien, la tonicité, et atténuer les symptômes.
Traitements médicaux, locaux ou systémiques selon le cas
- Œstrogènes vaginaux (localement) : crèmes, ovules, anneaux ou comprimés vaginaux à faible dose — c’est souvent considéré comme le traitement de référence pour le SGUM, surtout en absence de contre-indication.
- Ce traitement agit directement sur les tissus urogénitaux, sans nécessiter de progestatif, même si l’utérus est présent.
- Autres options pour certaines femmes : thérapies comme les modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes, administration locale de DHEA, ou traitements systémiques en fonction des symptômes globaux.
- Interventions non hormonales/techniques — dans certains contextes : dilatateurs vaginaux, soins intégrés, etc.
Importance d’un suivi personnalisé
- Le diagnostic se base surtout sur les symptômes et l’examen clinique, pas sur des tests hormonaux ou sanguins.
- Pour bien traiter : écouter la femme, évaluer l’impact sur la qualité de vie, adapter le traitement selon ses besoins, ses préférences, ses antécédents — l’approche doit être personnalisée.
- Le SGUM est une pathologie fréquente, mais souvent sous-diagnostiquée — beaucoup de femmes n’osent pas en parler, par gêne ou manque d’information.
Pourquoi c’est important, conséquences si non traité(e)
- Le SGUM peut affecter fortement la qualité de vie : douleurs, inconfort, troubles sexuels, atteinte de l’intimité, impact sur le sommeil, l’estime de soi, la relation de couple.
- À long terme, l’absence de traitement peut entraîner complications comme infections urinaires répétées, atrophie sévère, fissures, sténoses vaginales, douleurs chroniques, détresse sexuelle ou psychologique.
- Le traitement permet non seulement d’atténuer les symptômes mais aussi de prévenir l’aggravation, maintenir la santé urogénitale, la sexualité, le confort et le bien-être global.
En conlusion
- Le SGUM est fréquent et normal dans le cadre de la périménopause/ménopause — mais il ne devrait pas être ignoré ou considéré comme “normal, on y peut rien”.
- Il existe des solutions efficaces — qu’elles soient simples (lubrifiants, hydratation, soins d’hygiène) ou médicales (œstrogènes vaginaux, autres traitements).
- Parler ouvertement, dépister, normaliser le sujet, offrir un suivi — c’est essentiel pour améliorer le confort et la qualité de vie des femmes concernées.
- L’approche doit être individualisée, respectueuse, et adaptée à la situation, attentes et antécédents de chaque femme.