2026

Vaginite ou vaginose?

Categorie(s):
Grossesse
Vaginite ou vaginose?

Les infections vaginales demeurent un sujet encore trop souvent tabou, même si elles touchent un grand nombre de femmes à différents moments de leur vie. Elles sont particulièrement fréquentes durant la grossesse et après l’accouchement, mais les informations présentées ici peuvent tout aussi bien s’appliquer à une amie, une sœur ou une voisine, peu importe l’âge.

Beaucoup de femmes ont déjà ressenti des démangeaisons, une sensation de brûlure à la vulve ou des pertes vaginales inhabituelles. Les femmes enceintes et les nouvelles mamans n’y échappent pas, même si plusieurs hésitent encore à parler de leurs symptômes par pudeur, parce que ces inconforts touchent directement l’intimité et peuvent être associés à la sexualité. 

Les infections vaginales fréquentes

 Deux infections vaginales sont particulièrement fréquentes chez les femmes enceintes et les nouvelles mamans : la candidose vulvo‑vaginale, souvent appelée vaginite, et la vaginose bactérienne.

Selon les lignes directrices en suivi de grossesse, le dépistage de ces infections n’est pas effectué de façon systématique, contrairement aux infections transmissibles sexuellement. Lorsqu’une femme enceinte présente des symptômes typiques de vaginite ou de vaginose, un traitement peut généralement être amorcé sans attendre une culture.

Mais comment distinguer ces deux infections, surtout lorsque les sécrétions vaginales normales — souvent plus abondantes durant la grossesse — peuvent semer la confusion? Voici quelques repères pour mieux comprendre et éviter les confusions. 

Pourquoi une femme enceinte ou nouvelle maman est plus à risque de développer une infection vaginale?

 Les changements hormonaux de la grossesse modifient naturellement le pH vaginal. En temps normal, ce pH est plutôt acide, ce qui constitue une protection essentielle contre les micro‑organismes indésirables. Cet équilibre contribue au maintien d’un écosystème vaginal sain. Toutefois, lors de variations hormonales — comme durant le cycle menstruel, la grossesse, la période postnatale, certaines infections ou encore la ménopause — on observe souvent une diminution des lactobacilles.

Les lactobacilles sont des probiotiques naturels présents dans la bouche, le tube digestif et l’appareil génital féminin. Ils jouent un rôle clé dans les défenses naturelles de l’organisme. Lorsque le pH vaginal se déséquilibre et devient plus sucré qu’acide en raison d’une hausse du glycogène, le risque d’infections vaginales, comme la vaginite ou la vaginose, augmente. Ce déséquilibre peut aussi favoriser les récidives. 

Le bébé peut-il être contaminé durant la grossesse?

On sait maintenant que le placenta, le liquide amniotique et même le méconium ne sont pas complètement stériles durant la grossesse. Le bébé est donc exposé à certaines bactéries avant même sa naissance, notamment par le placenta et par le liquide amniotique qu’il avale. Ces micro‑organismes se retrouveront ensuite dans son intestin et dans ses premières selles.

À ce jour, rien n’indique qu’une vaginite ou une vaginose durant la grossesse puisse contaminer le bébé avant la rupture de la poche amniotique. Ce que l’on sait toutefois, c’est qu’un microbiote intestinal et uro‑génital maternel sain contribue positivement au microbiote du nouveau‑né.

Lorsque la poche des eaux se rompt, le bébé peut être exposé aux levures ou aux bactéries présentes dans le vagin de sa mère. Si un nouveau‑né développe ensuite du muguet ou une infection bactérienne, un traitement simple, antifongique ou antibiotique, pourra être offert au besoin. 

La vaginite (candidose vulvo-vaginale = cvv)

La vaginite touche un grand nombre de femmes au cours de leur vie. Il s’agit d’une infection vaginale causée par des levures ou des champignons. Dans 80 à 92 % des cas, l’infection est liée au Candida albicans, un champignon très répandu dans l’environnement.

Selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), environ 75 % des femmes vivront au moins un épisode de vaginite, et 5 à 10 % en présenteront plus d’un. Les femmes dans la mi‑vingtaine sont les plus touchées. On parle de vaginite récurrente lorsqu’elle survient trois fois ou plus par année.

Durant la grossesse, environ 25 % des femmes seront porteuses de levures de façon chronique, souvent sans symptômes.

Ce qui prédispose à la vaginite

Les facteurs les plus concluants :

  • Un diabète, une maladie auto-immune et/ou la prise d’immunosuppresseurs, qui peut avoir une incidence sur la flore vaginale;
  • La prise d’antibiotiques;
  • La génétique (présence de protéines de surface particulières);
  • Les hormones (incluant la grossesse où l’œstrogène est la plus élevée de toute la vie d’une femme).

Les facteurs moins concluants, mais néanmoins regardés :

  • Une femme active sexuellement;
  • Une contraception combinée (sans lien avec le stérilet);
  • L’utilisation d’un dispositif vaginal (ex: diaphragme).

Pour diagnostiquer une vaginite

Pour confirmer une infection à levures, un prélèvement vaginal peut être effectué à l’aide d’un coton‑tige afin d’analyser les sécrétions recueillies.

En période postnatale, il est également pertinent de surveiller l’apparition d’une infection à levures. Le déséquilibre hormonal demeure présent durant plusieurs semaines après l’accouchement, ce qui peut favoriser les vaginites. De plus, la prise d’antibiotiques pendant le travail ou après la naissance peut elle aussi perturber la flore vaginale et augmenter le risque d’infection chez la nouvelle maman. 

Symptômes: (20% des femmes sont asymptomatiques)

  • Des pertes vaginales épaisses, blanches à jaunâtres, en grains, en mottes ou granuleuses
  • Une sensation de picotement ou de démangeaison, modérée à importante
  • Une rougeur et/ou une enflure à la vulve et à la muqueuse vaginale
  • Une douleur en urinant
  • Une douleur augmentée lors de relations sexuelles

Traitements

 Il peut être difficile d’éliminer complètement une infection à levures durant la grossesse, puisque les fluctuations hormonales se poursuivent tout au long de la gestation. L’objectif du traitement est donc surtout de soulager les symptômes de la femme enceinte.

Selon les recommandations de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), la vaginite doit être traitée pendant la grossesse et en postnatal uniquement lorsqu’il y a des symptômes. Les antifongiques demeurent le traitement de choix. Un professionnel de la santé peut recommander une crème externe et des ovules intravaginaux pendant au moins sept jours, des options sécuritaires pour la femme enceinte et la mère qui allaite. Un traitement en trois doses peut aussi être envisagé, et certaines femmes recevront une prise en charge prolongée selon leur historique médical.

Environ 80 % des femmes enceintes traitées observent une amélioration marquée de leurs symptômes. 

Prévention

  • Éviter une humidité prolongée dans la culotte, en la changeant souvent, au besoin;
  • Privilégier les sous-vêtements en coton ou en fibres naturelles (la viscose de bambou n’est pas une fibre naturelle);
  • S’il y a utilisation d’un protège-dessous ou de serviettes hygiéniques : les changer souvent (et au besoin, changer de marque si vous observez des signes d’infections, qui pourraient résulter d’une réaction chimique des composantes de la protection avec les pertes vaginales);
  • Ajouter le jus de canneberge à votre alimentation;
  • Éviter l’utilisation de lubrifiant durant une période, afin de confirmer qu’ils ne sont pas la cause.

La vaginose bactérienne (vb)

La vaginose est une infection vaginale causée par une prolifération de bactéries. Il s’agit de la deuxième cause d’infections vaginales après celles liées au Candida albicans. Durant la grossesse, elle touche entre 10 et 30 % des femmes, comparativement à environ 10 % dans la population générale.

Le diagnostic repose sur un prélèvement vaginal des sécrétions. Le pH vaginal est généralement plus alcalin lors d’une vaginose (supérieur à 4,5), mais l’odeur caractéristique suffit souvent à orienter le diagnostic sans nécessiter d’examens supplémentaires. Un frottis peut être réalisé au besoin pour confirmer l’infection. 

Les risques de la vaginose durant la grossesse et en période postnatale

La vaginose bactérienne peut être responsable durant la grossesse :

  • D’une rupture prématurée des membranes;
  • D’un travail et accouchement préterme;
  • D’une infection dans le liquide amniotique;
  • Et aussi, en postnatal, d’une infection de l’utérus (endométrite) après une césarienne plus particulièrement.

 La vaginose bactérienne n’est pas une infection anodine. Elle peut avoir des répercussions importantes sur la santé des femmes enceintes, des nouvelles mères et de leur bébé. D’où l’importance de reconnaître rapidement les symptômes et d’en parler à un professionnel de la santé. Un traitement approprié, offert au bon moment, permet de réduire les risques de complications pendant la grossesse et les infections possibles en période postnatale.

Ce qui prédispose à la vaginose bactérienne

La flore vaginale étant très sensible, plusieurs facteurs peuvent avoir un impact sur le débalancement des micro-organismes et causer une vaginose bactérienne, dont :

  • Une femme active sexuellement;
  • Une co-infection avec une ITSS;
  • Le débalancement du pH vaginal;
  • L’usage de tabac;
  • Une diète riche en gras et pauvre en folate, calcium et vitamine E.

Sachez que la vaginose n’a pas de lien avec le diabète, la génétique, certaines maladies auto-immunes ou la prise d’immunosuppresseurs, comme c’est le cas pour les vaginites.

Les symptômes: ( 50% sont asymptomatiques)

  • Des pertes vaginales abondantes, adhérentes, fines, blanches ou grises
  • Une odeur de poisson
  • Pas ou très peu de démangeaisons

Traitement

Actuellement, le traitement de la vaginose bactérienne est seulement indiqué pour les femmes symptomatiques, avec une antibiothérapie appropriée. En complément au traitement, on pourrait également proposer la prise de probiotiques pour aider la défense naturelle de l’intestin, grâce au lactobacillus.

En résumé

Nous savons que : 

  • Les infections vaginales sont plus susceptibles de se produire lorsque le pH vaginal des femmes est débalancé.
  • La variation du milieu vaginal de la femme altère la défense naturelle en diminuant les bonnes bactéries au niveau uro-génital, comme les «Lactobacilles» (probiotiques) qui contribuent à prévenir des infections potentielles à la période périnatale, dont la vaginose, plus spécifiquement.
  • Plus la femme possède un microbiote intestinal et uro-génital sain et en santé, plus elle en fait bénéficier son bébé à son tour lors de l’accouchement par la contamination naturelle de bonnes bactéries en naissant.

Tout traitement antibiotique peut perturber l’équilibre fragile du microbiote intestinal. En éliminant les mauvaises bactéries, les antibiotiques réduisent aussi les bonnes, ce qui affaiblit les défenses naturelles de l’organisme et augmente la vulnérabilité aux infections. On traite donc une problématique, mais on fragilise temporairement le système immunitaire, d’où l’importance des mesures préventives.

Dans cette logique, un apport supplémentaire en probiotiques dès le début de la grossesse peut contribuer à maintenir un microbiote plus équilibré. Cette approche pourrait aider à réduire, voire prévenir, l’apparition de vaginites et de vaginoses pendant la gestation et en période postnatale.

Prévenir plutôt que traiter : le rôle des probiotiques

Plutôt que d’attendre l’apparition d’une infection, il peut être bénéfique d’agir en amont. L’alimentation peut jouer un rôle important : consommer davantage de produits riches en probiotiques, comme le kéfir, certains produits laitiers, le soja fermenté ou la choucroute, contribue à soutenir un microbiote plus équilibré.

L’objectif est de favoriser la présence de bonnes bactéries protectrices dans le milieu uro‑génital, de maintenir un pH vaginal le plus stable possible et de réduire les inconforts chez la femme enceinte ou la nouvelle mère.

Au final, un apport régulier en probiotiques peut aider à prévenir les infections vaginales fréquentes ou récurrentes, comme la vaginite et la vaginose. 

Pour compléter votre lecture sur le sujet :

En vidéo :

Références

  • ¹ FMOQ, nov 2024
  • Congrès de la santé de la Femme de la FMOQ, Québec, novembre 2024. Conférencier : Dr Mathieu Leboeuf

Apprenez-en plus

Voir d'autres articles

Voir plus
Infolettre

Suivez le développement de votre bébé grace notre infolettre.

Plongez dans l’aventure de votre grossesse et suivez le parcours de votre bébé grâce à nos courriels personnalisés. Chaque deux semaines, recevez des mises à jour uniques et adaptées à votre grossesse, vous permettant de suivre les étapes de croissance et de développement de votre tout-petit. Profitez de conseils et d’informations précieuses pour accompagner chaque instant magique de cette aventure!

Inscrivez-vous ici

Merci pour votre inscription!

Chaque deux semaines, vous receverez des mises à jour uniques et adaptées à votre grossesse, vous permettant de suivre les étapes de croissance et de développement de votre tout-petit.

Oups ! Une erreur s'est produite. Veuillez réessayer.

Prenato a besoin des coordonnées que vous nous fournissez pour vous contacter au sujet de nos produits et services. Vous pouvez vous désabonner de ces communications à tout moment. Consultez notre Politique de confidentialité pour en savoir plus sur nos modalités de désabonnement, ainsi que sur nos politiques de confidentialité et sur notre engagement vis-à-vis de la protection et de la vie privée.